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高宣扬著《当代法国哲学导论》序言          【字体:
高宣扬著《当代法国哲学导论》序言
作者:贝尔纳特    文章来源:高宣扬著《当代法国哲学导论》(同济大学出版社2004年版)    点击数:    更新时间:2004-11-11 【哲学在线编辑

      高宣扬著《当代法国哲学导论》

     (同济大学出版社2004年版)

     序言

     法國科學院院士、法國哲學會主席     貝爾納特·布爾喬亞


    对于经历了天翻地覆变化的上一世纪的文化生活,特别是对于在当时成为了由1914至-1918年和1939至1945年的两大世界性冲突,以及在1968年激化起来的社会伦理危机所构成的三大深刻动荡的主要戏剧舞台的法国的文化生活,进行历史性分期切割,确实是人为的,甚至带有一定风险性。法国在1968年的动荡,更多地导源于法国国内的原因,而且,更具有法国的特殊性质;更确切地说,这场动荡,比表面上所看到的,简直更明显地标志着一个转折点,因为它原本导源于法国哲学中刚刚发生过的事情,即直接导源于它的命运本身。关于这一点,尽管二十世纪的思想,显示了全球化的开放性质,使它到处比前一世纪更加从民族的特性中解脱出来。只要注意到这一点,在首先区分出由1960至1970年所开创的二十世纪最后三分之一之后,我们就可以接着对这一世纪相当于两个三分之一的前两个时期,也就是对三十年代之前和之后,分别进行历史分期。然而,最大的断裂,确实就是发生在60年代;正是在这个时候,法国哲学在它的状况、它的内容和它的形式方面,都有明显的改变。

     当然,即使是在高宣扬教授广泛地和精细地加以探索和分析的那个历史时期以前,也就是在第二次世界大战结束至今的当代法国哲学之前,在三十年代左右,发生过一场变化。至当时为止,法国的哲学思想,从十九世纪以来,是由两位特殊人物,列昂·布伦斯威格和亨利·柏格森为代表的两支相互对立的思潮所统治;这两位人物,同是1901年成立的法国哲学会的创立者。布伦斯威格,是通过他作为全国哲学教师资格考试委员会主席的身份而掌控法国哲学。而柏格森,在制度和机构领域较处于边沿地位,是由于他在与巴黎大学(索邦)相对立的高级层面上,即在法兰西学院享有盛誉,而且,他的辉煌文采,使他为更多的人所知晓。布伦斯威格,作为法国传统的精神哲学或理智和道德主体哲学的继承者,是通过他在他的理论和实践活动中的反思而闻名的。柏格森,更有创新精神,是同主张‘自我’对具体而活跃的自身进行直观反思的抽象观念论直接相对立的。这两个相互对立的哲学,分别将自身意识的客观内容,在其各种运动中所产生出来的能量,都释放无遗。但是,在30年代左右,一个新的争议观点显示出来了;它试图在原属于主体自身的动力机制中,纳入主体对其对象确实给予活力和具体化的关系;当然,这又是由主体首先确认和保障其自身的动力的情况下,主体力图加以控制的一种关系。在1927年,布伦斯威格主持加斯东·巴舍拉的博士论文《论近似知识》的答辩,把布伦斯威格的知识论推成为过时的东西。当柏格森于1932年发表其最后著作《论道德与宗教的两个来源》时,装·瓦尔在他的《面向具体》 的书中,呼吁法国哲学,要从反思的或直观的内在性的唯我论中走脱出来,同时还要从当时贯彻‘返回事物自身’流行口号的外国现象学和存在哲学的实践中充实自己。这正是沙特在大战前夕所开始做的事情。

     巴舍拉在大学领域,沙特在外面,从此成为更新了的法国哲学的两大象征性代表人物。对于新的法国哲学来说,主体对其自身的关系,再也不是自身对自身的建构或直观的平静主动关系,或者,也不是通过自身而实现对世界或生活的建构或直观的平静主动关系;它变成为一种否定的关系,表现出由主观所承担的客观运动,更具体地表现在人同自然、或人们之间的历史关系的异化、但最终是解放的关系之中。这种否定性,以其多样的意义,被称为‘辩证的’。因此,主体并不首先同其自身相符合,就像人文科学(人类学、精神分析学、经济学、社会学、历史学......等等)向哲学所导入的那样;相反,主体必须首先在他的自然或人的领域中赢得其自身。由瓦尔、柯杰夫、依波利特从战前开创的黑格尔主义的理论传播,马克思主义的理论和实践在战后的传播,从哲学内部本身确证了法国思想的这一新的方向;它比此前占统治地位的哲学,更坚定地显示为自我建构的,或与其自身相吻合的主体哲学。巴舍拉的辩证法和沙特的辩证法,是根本相互区别的,但它们都来自黑格尔的和马克思的辩证法。他们尤其强调反对辩证的和历史的庸俗的唯物主义,主张人类历史的具体状况的自由活动。这是因为,法国哲学在倾听人类历史活动的辩证必然性的同时,仍然保持它基本上作为自由的人道主义哲学的性质。它认为:主体与客体的原本的和恒久的关系,是由主体所主导的;或者说,人基本上主导着他同世界的天生的和确定无疑的关系。而正是这种人道主义,在六十年代受到了质疑。

     从1960年发表之日起,沙特的《辩证理性批判》便遭受质疑。通过沙特式的总体化的历史主体,实际上仍然是自身,尽管它已经被具体地客观化,但为满足世俗客观化过程的需要,作为‘肉体’(梅罗·彭迪),或作为语言,在其‘在场或不在场’中被否弃掉。主体和客体的统一性,被认为是由客体所主宰;根本不同于自身,客体对于自身的客体化或对立化,把上述统一性归结为单纯排列而成的‘结构’。由于没有绝对支配权、而不能被控制的结构,它的活动,是一种同其本身在互动中的各种差异进行的游戏。这样一来,由结构主义的科学主轴所推动的语言学探索,就将‘我思’,引向一种‘这是由我来说’的状况中。关于历史源起的总体化统一性,让位于知识(福柯)或社会种族(列维·施特劳斯)的结构模式的共时性散播和扩散。行动的独具特色的差异,即德里达的‘延异’,否弃了传统的统一性活动。尼采,作为多元化和混沌的思想家,驱赶那主张将存在统一于‘大全’、又将‘大全’最终统一于自身的黑格尔。混沌不但不应该存在于哲学的内容中,而且,也包含在它的形式;论述也转换成既自我解构、又解构其对象的‘反论述’。而且,混沌也是哲学的存在方式;哲学语言的多调化从此使哲学协奏曲成为不可能的事情。

     但除此之外,还要补充说:当代法国哲学的这种爆裂,也强化了对于它本身、对于人及其有关人本身的论述的分崩离析的反感情绪。当代法国哲学界的某些人,主张通过人环视他人的超验指令(列维纳斯),或通过人的自我激发的内在冲动(亨利·米歇),来重新肯定人自身。而且,黑格尔,这位以高度自由的论述型思想进行协调的哲学家,他的思想,至今仍然始终伴随着法国哲学,促使它寻求一位有能力思索我们时代的思想家,以便通过他对其自身的思想,使法国哲学丰盛起来。

     当然,法国还存在一位哲学家;他比上一世纪年青,但始终跟随、或有时先于我们以走马观花方式概述的那个时代,这就是保尔·利科。他,作为伟大的哲学见证人,以特别细腻的方式,倾听他的时代,不断地从他自己的连续贡献,又从与他对立的思想中,吸取养料,并同时赋予它们新的丰富意义。他试图建构一种具体化的精神哲学的广阔体系,以非折衷主义的方式,把它们加以协调。他曾经在不久以前,为高宣扬教授的书《李克的反思诠释学》写序;他对法国哲学的了解是最清晰不过的了。现在,我很荣幸,能够借此机会,同时赞颂他们两位对如此难以把握、而又极其复杂的哲学现状所给予的清晰的环视。我想,无需我给予更多的强调,由高宣扬教授所进行的这样一个既要求具备丰富资料、又能给予所有读者以深刻印象的反思和展现的研究工作的价值及其所取得的成功,是不言自明。我希望,不论在中国或其他地方,能够有很多像这样里程碑式的论述当代法国哲学的作品。


Préface par Bernard Bourgeois

Membre de l’Institut de France

Académie française des sciences morales et politiques

Président de la société française de philosophie

 

Il est bien artificiel et risqué de pratiquer des découpages dans la vie culturelle d’une époque aussi boulversée que l’a été le siècle écoulé, et notamment dans une France qui fut alors le théâtre, et un théâtre principal, des trois profondes secousses constituées par les deux conflits mondiaux de 1914-1918 et 1939-1945, ainsi que par la crise éthico-sociale qui s’est aiguisée en 1968 . Le dernier ébranlement, d’origine plus intérieurement  et de nature plus spécifiquement française, a davantage marqué, presque comme un tournant, plus prononcé qu’ailleurs en raison même du passé récent de la philosophie en France, le destin de celle-ci ; et cela, même si l’ouverture mondialisante de la pensée au XXe siècle l’a partout libérée du caractère plus national qu’elle s’était donné au cours du siècle précédent. Ces précautions prises, on pourait, en ayant donc d’abord distingué le dernier tiers du XXe siècle, s’inaugurant dans les années 1960-1970, faire se succéder auparavant deux périodes correspondant à peu près aux deux premiers tuiers de ce siècle, en amont et en aval des années 30. La grande coupure, cependant est bien celle qui intervient dans les années 60 : c’est alors que la philosophie française voit changer à la fois son statut, son contenu et sa forme.

Il y a, certes, avant même la période si amplement et méticuleusement explorée et analysée par le Professeur Kha Saen Yang(Gao Xuan Yang 高宣扬), celle de la philosophie française contemporaine depuis la fin de la seconde guerre mondiale jusqu’à nos jours, un changement qui s’opère vers 1930. Jusque là, la pensée philosophique a été dominée en France, depuis la fin du XIXe siècle, par deux grands courants antagoniques représentés par les deux personnalités exceptionnelles de Léon Brunschvicg et de Henri Bergson, deux des co-fondateurs, en 1901, de la Société française de philosophie. Brunschvicg dominera celle-ci comme il régnera dans l’Université, à travers, particulièrement, la présidence du jury du concours de l’agrégation de philosophie ; Bergson, plus marginal dans l’institution, s’illustrera dans le haut lieu rival de la Sorbonne, le Collège de France, et son éclat littéraire le rendra – pour utiliser un anachronisme – plus ‘médiatique’. Brunschvicg, plus héritier, accomplit la tradition de la philosophie d l’esprit ou du sujet intellectuel et moral se connaissant par la réflexion sur son activité théorique et pratique ; Bergson, plus novateur, oppose à l’idéalisme abstrait de la réflexion l’intuition de soi vivante et concrète du Moi. Deux philosophies opposées qui libèrent toutefois l’une et l’autre l’énergie de la conscience de soi de tout mouvement automatique de son contenu objectif. Mais, vers les années 30, une contestation se dessine, visant à introduire, dans le dynamisme originairement identque à soi du sujet, son rapport vraiment vivifiant et concrétisant à l’objet, rapport que le sujet s’efforce de maîtriser, mais en le reconnaissant et assumant d’abord dans sa dynamique propre. En 1927, Brunschvicg fait soutenir la Thèse doctorale de Gaston Bachelard, l’Essai sur la connaissance approchée, dont l’épistémologie va renvoyer la sienne au passé ; en 1932, l’année de la parution du dernier ouvrage de Bergson, Les deux sources de la morale et de la religion, Jean Wahl appelle la philosophie française, dans son livre Vers le concret, à sortir du solipsisme de l’intriorité réflexive ou intuitive et à s’enrichir de l’actualisation phénoménologique et existenteille étrangère du mot d’ordre : ‘Aux choses mêmes !’, ce que Sartre commence de faire à la veille de la guerre.

Bachelard, dans l’Université, et Sartre, en dehors, seront les deux figures emblématiques de la philosophie française renouvelée. Pour celle-ci, le rapport du sujet à lui-même cesse d’être un paissible rapport positif de construction ou intuition de soi et, à travers soi, du monde ou de la vie. Il devient un rapport négatif exprimant le mouvement même de l’objet assumé subjectivement, dans l’aliénation, finalement libératrice, de la relation historique des hommes à la nature ou les uns aux autres : cette négativité est appelée, en des sens divers, dialectique. Le sujet ne coïncide donc pas d’abord avec lui-même, comme les sciences humaines (anthropologie, psychanlyse, économie, sociologie, histoire....) en instruisent la phiosophie, mais il doit se conquerir dans son milieu naturel ou humain. La diffusion théorique du hégélianisme dès l’avant-guerre (Wahl, Kojève, Hyppolite), celle, théorique-pratique, du marxisme, après la guerre, confirment, de l’intérieur même de la philosophie , cette nouvelle orientation de la pensée française, qui s’y jette d’autant plus résolument qu’avait été dominatrice auparavant la philosophie du sujet se construisant lui-même ou coïncidant avec lui-même. La dialecticité bachelardienne et la dialectitité sartrienne sont assurément fort différentes entre elles et toutes deux de la dialecticité hégélienne et marxiste, et elles soulignent, notamment, contre la pratique vulgaire du matérialisme dialectico-historique, la libre activation des conditions concrètes de l’histoire humaine. Car la philosophie française, en son écoute de la nécessité dialectique de l’activité histoirque des hommes, reste fondamentalement une philosophie de la liberté. Elle considère que le rapport originel et constant du sujet et de l’objet est porté par le sujet, ou que l’homme maîtrise essentiellement son lien natif et définitif au monde. C’est cet humanisme qui est contesté dans les années 60.

Dès sa parution en 1960, la Critique de la raison dialictique de Sartre est mise en question. A travers le sujet total sartrien de l’histoire, c’est le Soi, même concrètement objectivé, qui est recusé au profit de l’objectivité mondaine, présente/absente à elle-même comme ‘chair’ (Merleau-Ponty) ou s’exprimant elle-même comme langage : L’unité du sujet et de l’objet est considérée comme portée par l’objet, dont l’objection ou opposition à soi, la différence d’avec soi essentielle, réduit cette unité à la multiplicité simplement ordonée d’une structure. L’activité de celle-ci, non maîtrisée car non hégémonique, consiste dans un jeu avec elles-mêmes des différences en interaction. L’exploitation de la linguistique, promue science-pilote du structuralisme, permet ainsi de ramener le ‘Je pense’ à un ‘Cela parle en moi’. L’unité totalisante de la genèse historique cède la place à la dispersion et dissémination sunchronique des configurations épistémiques (Foucault) ou ethno-sociales (Lévi-Strauss). La différence originairement agissante, la ‘différance’ (Derrida), dément l’identification traditionnelle de l’activité à l’unification. Nietzsche, le penseur du multiple et du chaos, chasse donc Hegel, qui identifiait l’être au tout, et le tout au Soi. Le chaos ne devant pas seulement se trouver dans le contenu de la philosophie, mais aussi dans sa forme, le discours se renverse en un contre-discours qui se déconstruit en déconstruisant son objet. Chaotique est aussi le mode d’exister de la philosophie, dont la polyphonie n’est guère concertante, c’est le moins que l’on puisse dire. Il faut ajouter que cette explosion de la philosophie française contemporaine s’augment encore de réactions hostiles à elle, à la brisure de l’homme et de son discours sur lui-même. Certaines d’entres elles demandent la réaffirmation par l’homme de son Soi à l’injonction transcendante du regard de l’Autre (Levinas) ou à l’impulsion immanente de son auto-affection (Michel Henry). Et puis, la pensée de Hegel, le philosophe de la réconciliation par la pensée discursive pleinement libre, hante toujours la philosophie française à la recherche d’un penseur capable de penser notre temps, aussi en la luxuriance éclatée de ses pensées sur lui-même.

Il est bien pourtant en France, un philosophe, plus jeune que le siècle passé mais qui a suivi, accompagné, parfois précédé, l’époque que nous venons de parcourir d’une façon si cavalière. A l’écoute – une écoute exceptionnelle – de son temps, Paul Ricoeur en est le grand témoin philosophique, se nourrisant de ses apports successifs et opposés, les restituant en leur sens fécond, tentant de les réconcilier sans éclectisme dans l’élaboration d’une vaste philosophie de l’esprit incarné. Il préfaça, il y a quelque temps un précédent ouvrage du Professeur KHA Saen-Yang sur la philosophie française : il ne pouvait y avoir un meilleur éclaireur ! C’est pour moi un honneur que de pouvoir louer ici, maintenant, ces deux regards éclairants sur un paysage dont la complexité actuelle est si difficile à siasir. Je ne saurais trop souligner le mérite et le succès du travail mené à bien par le Professeur KHA Saen-Yang, un travail exigeant une information, une réflexion et une exposition qui impressionneront tous les lecteurs, que je souhaite très nombreux, en Chine et ailleurs, de ce monumental ouvrage sur la philosophie française contemporaine.

 

                       Bernard Bourgeois

Membre de L’Institut

Président de la Société française de philosophie

 

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